Méthodologie · Indice des prix à l'épicerie au Canada
Comment l’IPAC est construit
L’Indice des prix à l'épicerie au Canada (IPAC) est un indice hebdomadaire des prix à l’épicerie : un panier fixe de 50 produits, relevé chaque semaine dans 22 bannières et 13 villes canadiennes. Cette page décrit la méthode au complet — ce qui est relevé, comment l’indice est calculé, ce qui en est exclu et ce que le chiffre ne dit pas. C’est le document à lire avant de citer l’indice.
La méthode, appliquée
Tout ce qui est décrit plus bas produit cette série : l’IPAC national, recalculé sur l’ensemble de l’historique des observations et publié chaque semaine.
Semaine se terminant le 19 juillet 2026 · indice 101,5 · panier à 302,06 $ · variation d’une semaine à l’autre −0,2 % · depuis le lancement en juin 2026 −1,8 %. Aucune variation sur douze mois n’est publiée : la série est trop jeune pour en porter une.
La chaîne de production
Cinq étapes automatisées s’enchaînent chaque semaine, sans intervention humaine entre la collecte et la publication.
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Collecte
Chaque jeudi à h UTC ( h, heure de l’Est), un pipeline automatisé lit les pages publiques des détaillants dans 13 villes et 22 bannières, et en extrait les prix du HTML rendu par le serveur. Toute ville dont la couverture des magasins tombe sous 9 % est reprise automatiquement le vendredi.
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Appariement
Chaque produit affiché est apparié à un article du panier selon trois critères successifs : le type de produit, le format (à ±1 % du format cible), puis la variante. Parmi les correspondances valides, la moins chère est retenue, ce qui reflète le réflexe d’acheter la marque maison ou l’article en promotion.
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Calcul
Les prix appariés alimentent un indice de Jevons pondéré et chaîné : chaque semaine est reliée à la précédente sur les seuls articles dont le prix est relevé les deux semaines. Le calcul est fait par ville et par bannière, puis agrégé au niveau national.
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Contrôle
Après chaque collecte, un échantillon stratifié est repassé dans le pipeline sur les sites en direct. Un appariement qui ne trouve plus de correspondance conforme deux semaines de suite est retiré de l’indice.
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Publication
L’indice est recalculé et publié la même semaine, soit plusieurs semaines avant l’IPC mensuel de Statistique Canada et son délai de diffusion d’environ trois semaines.
La formule
L’IPAC est un indice de Jevons pondéré, chaîné et à modèle apparié (méthodologie v2, adoptée le 12 juin 2026) : une moyenne géométrique des rapports de prix d’une semaine à l’autre. C’est la forme que recommande le manuel de l’indice des prix à la consommation de l’OIT et du FMI pour les agrégats élémentaires, et celle qu’Eurostat applique. Chaque semaine est comparée à la précédente sur les seuls articles dont le prix est relevé les deux semaines : la variation hebdomadaire est donc à composition constante par construction, et le niveau de l’indice est le produit cumulé de ces liens.
Pourquoi une moyenne géométrique
Correction du biais de substitution
La moyenne géométrique tient implicitement compte du fait qu’un ménage se rabat sur une solution moins chère quand le prix d’un produit grimpe. La moyenne arithmétique d’un indice de Laspeyres, elle, suppose le panier figé et surestime donc la hausse.
Symétrie des variations
Sous Jevons, une hausse de 5 % et la baisse qui la renverse s’annulent exactement : le prix revient à son point de départ, l’indice aussi. Une moyenne arithmétique des rapports de prix, elle, ne revient pas au point de départ — elle dérive vers le haut, et la dérive s’accumule à chaque chaînage.
Le panier
50 produits répartis en 9 catégories, pondérées pour approcher la structure de dépense d’un ménage canadien type. Le panier est fixe : c’est la même liste d’une semaine à l’autre, ce qui est la condition pour que la variation mesurée soit un mouvement de prix et non un changement de composition.
Les poids s’inspirent du sous-panier « Aliments achetés au magasin » de Statistique Canada et sont renormalisés à 10 % à l’intérieur de l’indice. La liste détaillée des 50 articles, avec le poids de chacun, est publiée sur la page de méthodologie en anglais.
Calendrier et seuil de publication
Les règles ci-dessous sont appliquées mécaniquement, chaque semaine, sans dérogation discrétionnaire.
Collecte du jeudi, reprise du vendredi
La collecte s’effectue chaque jeudi à h UTC ( h, heure de l’Est). Toute ville qui se retrouve sous 9 % de couverture des magasins est reprise automatiquement le vendredi.
Semaines de référence terminées le dimanche
Les observations sont regroupées en heure locale canadienne (America/Toronto) et la semaine de référence se termine le dimanche. Une reprise du vendredi tombe donc dans la même semaine publiée que la collecte du jeudi qu’elle corrige.
Le seuil de publication de 60 %
Une cellule ville × bannière (× catégorie) n’est publiée que si au moins 60 % de sa portion du panier — et au moins deux articles — ont un prix relevé pour les deux semaines reliées. Sous le seuil, la cellule est supprimée plutôt que publiée trop mince : une case vide est souvent une décision de qualité, pas un magasin absent.
Niveaux et comparaisons
Chaque série — nationale, par ville, par bannière, par catégorie — est ramenée à 100 la semaine où elle entre dans le panel. La conséquence est directe et vaut la peine d’être répétée : les niveaux ne se comparent pas d’une série à l’autre. Une ville dont l’indice affiche 103,0 n’est pas plus chère qu’une ville à 101,0 : les deux ont simplement progressé différemment depuis leur propre point de départ.
Pour comparer des villes, des bannières ou des catégories entre elles, deux options seulement, et il faut dire laquelle a été retenue : le coût absolu du panier en dollars, le seul indicateur comparable tel quel, ou un réindexage de chaque série sur une semaine de référence commune. Le détail des cellules disponibles, ville par ville et bannière par bannière, est présenté sur la page couverture.
Quarantaine et contrôles
Un mauvais appariement — le mauvais format, la mauvaise variante, le mauvais produit — déplace l’indice sans qu’aucun prix n’ait bougé. Trois mécanismes tiennent ces observations hors de la série publiée.
Liste de quarantaine
Les appariements vérifiés à la main et jugés erronés sont inscrits sur une liste de quarantaine tenue à jour, puis exclus intégralement de la série publiée.
Filtre des valeurs aberrantes
Tout couple détaillant-produit dont la médiane hebdomadaire sort de l’intervalle allant du tiers au triple de la médiane inter-bannières du même produit est écarté. Le filtre ne s’applique qu’aux produits-semaines comptant au moins huit observations réparties sur trois bannières ou plus, pour ne pas juger un prix sur un échantillon trop mince.
Retrait après deux semaines
Un appariement n’est retiré de l’indice qu’après deux semaines consécutives sans correspondance conforme : assez long pour absorber une panne passagère, assez court pour attraper une vraie rupture.
Les deux exclusions sont appliquées avant le calcul de l’indice. Comme les observations sont ajoutées sans jamais être écrasées et que l’indice est recalculé à la lecture, une correction se propage à tout l’historique au lieu de laisser une marche dans la série.
L’IPAC et l’IPC de Statistique Canada
L’IPAC est plus fréquent, mais plus étroit. Il n’est pas une statistique officielle et n’a pas vocation à le devenir : il complète l’indice des prix à la consommation, il ne le remplace pas. La référence pour l’inflation alimentaire au Canada demeure l’IPC de Statistique Canada; l’IPAC sert à voir, une fois par semaine, ce que fait le prix de l’épicerie entre deux diffusions officielles.
| Critère | IPAC | IPC — aliments (Statistique Canada) |
|---|---|---|
| Fréquence | Hebdomadaire (collecte le jeudi) | Mensuelle, diffusée environ trois semaines après le mois de référence |
| Formule | Jevons pondéré et chaîné (moyenne géométrique) | Laspeyres modifié (moyenne arithmétique) |
| Panier | 50 produits représentatifs | Plusieurs centaines de produits alimentaires, liste révisée chaque mois |
| Source des prix | Prix affichés en ligne, sur les sites publics des détaillants | Relevés effectués en magasin par des enquêteurs |
| Portée géographique | 13 villes, dans les dix provinces | National et provincial |
| Bannières | 22 bannières, dont les trois grands groupes (Loblaw, Metro, Empire) | Non diffusé au niveau des bannières |
| Transparence | Panier et méthode publiés intégralement | Poids publiés, prix individuels non diffusés |
| Statut | Indice privé, produit par GroceryPulse | Statistique officielle du Canada |
Limites
Nous préférons que vous trouviez nos limites ici, énoncées clairement, plutôt qu’à mi-chemin d’une analyse. L’IPAC mesure le marché canadien de l’épicerie tel que couvert par les 22 bannières du panel : ce n’est pas un recensement du commerce alimentaire canadien.
Ni Walmart ni Costco
Walmart n’est pas dans le panel : sa vitrine en ligne est protégée contre la collecte automatisée, et nous ne publions pas une série que nous ne pouvons pas relever de façon constante. Costco non plus : ses prix sont derrière des pages réservées aux membres. Le canal des supercentres et des clubs-entrepôts est donc absent — pas approximé.
Giant Tiger, panier partiel
Giant Tiger est un marchand généraliste qui ne tient qu’une partie des 50 articles. Ses cellules ne sont publiées que là où elles franchissent le seuil de 6 %, et la bannière est écartée dans les villes où son assortiment alimentaire est trop mince.
Des prix affichés en ligne
Les prix proviennent des sites publics des détaillants : ce sont des prix affichés en ligne, qui peuvent différer du prix en magasin, surtout pour les fruits, les légumes et les viandes vendus au poids.
Une série encore jeune
La série publiée commence en juin 2026. Nous diffusons la variation d’une semaine à l’autre et la variation depuis le lancement, rien d’autre. Aucune variation sur douze mois n’est publiée : les données ne peuvent pas encore en porter une, et nous ne la fabriquerons pas en raboutant la série pilote antérieure.
13 villes, pas de milieu rural
Le panel couvre 13 villes d’un océan à l’autre, dans les dix provinces. Les régions rurales et éloignées, où les écarts de prix sont souvent les plus marqués, ne sont pas suivies.
Aucun ajustement pour la qualité
Si un produit est reformulé, nous mesurons la variation de prix, pas la variation de qualité. La réduflation (réduction du format à prix constant) est suivie explicitement; les autres reformulations ne le sont pas.
Pour aller plus loin
Les journalistes et les analystes qui souhaitent citer l’indice trouveront la série hebdomadaire sur la page de l’IPAC, le détail ville par ville sur la page de couverture, et la version anglaise, plus détaillée sur certains points (liste complète des articles, panel de bannières, programme d’audit), sur la page Methodology. Pour toute question de méthode : sales@grocerypulse.ca.