Ce que mesure l’IPAC, et ce qu’il ne mesure pas
Un indice hebdomadaire des prix à l’épicerie au Canada : comment lire le chiffre, ce qu’il permet d’affirmer, et les limites que nous publions avec lui.
L’Indice des prix à l'épicerie au Canada (IPAC) mesure chaque semaine ce que coûte un panier fixe de 50 produits d’épicerie courants chez les grandes bannières canadiennes. C’est un indice de Jevons pondéré et chaîné, calculé par appariement de modèles : chaque semaine est comparée à la précédente sur les seuls produits dont le prix a été relevé dans les deux semaines, et ces maillons hebdomadaires s’accumulent pour former le niveau publié. C’est cette construction qui permet d’affirmer qu’un mouvement est une véritable variation de prix, et non un changement dans l’assortiment des tablettes.
Au plus récent relevé, l’indice national s’établit à 101,5, en baisse de 0,2 % sur une semaine et en baisse de 1,8 % depuis le lancement de la série en juin 2026.
Ce que l’indice permet d’affirmer
Le sens et l’ampleur de la variation d’une semaine à l’autre : pour l’indice national, pour chacune des neuf catégories du panier, et pour les villes et les bannières qui franchissent le seuil de publication. Comme la collecte est hebdomadaire, les mouvements de prix affichés et les cycles promotionnels sont visibles au moment où ils se produisent. Statistique Canada publie l’Indice des prix à la consommation une fois par mois, environ trois semaines après la fin du mois de référence : ce que l’IPAC apporte, c’est la fréquence, pas une mesure concurrente.
Ce qu’il ne permet pas d’affirmer
Trois limites, et elles sont structurelles plutôt que passagères.
- Aucune comparaison sur douze mois. La série publiée commence en juin 2026. Il n’existe donc pas encore de base de l’année précédente, et nous préférons ne publier aucune variation annuelle plutôt que d’en laisser deviner une. Nous n’en fabriquerons pas non plus en raboutant une série pilote.
- Aucune comparaison des niveaux entre séries. Chaque série — ville, bannière, catégorie — est ramenée à 100 lors de sa propre semaine d’entrée. Une série à 103,0 n’est donc pas « plus chère » qu’une série à 101,0 : elle a simplement plus augmenté depuis son entrée. Pour comparer, utilisez le coût absolu du panier en dollars — la seule mesure nativement comparable, et ce que fait par défaut notre outil de comparaison — ou ramenez d’abord les séries à une semaine de référence commune, en précisant laquelle.
- Ce n’est pas une mesure de l’inflation alimentaire totale. Walmart et Costco ne font pas partie du panel : le premier parce que sa vitrine en ligne est protégée par des mesures antirobots qui rendent la collecte peu fiable, le second parce que ses prix sont réservés aux membres. Giant Tiger ne tient qu’une partie du panier. Et une cellule n’est publiée que lorsqu’au moins 60 % de sa tranche du panier a un prix relevé dans les deux semaines reliées : sous ce seuil, la cellule est supprimée plutôt que publiée mince. L’IPAC mesure le marché de l’épicerie tel que couvert par les 22 bannières du panel, et non le commerce alimentaire canadien au complet.
Chaque chiffre publié est accompagné de sa couverture et de sa version de méthodologie, et la page de couverture énonce les lacunes en clair, sans détour. L’enjeu n’est pas que la mesure soit parfaite ; c’est qu’un lecteur voie exactement où elle est solide et où elle est mince. Le détail du calcul se trouve dans la méthodologie.
Comment citer cette note
Source : Indice des prix à l'épicerie au Canada (IPAC) de GroceryPulse, semaine se terminant le 19 juillet 2026. Recherche dirigée par Sung Ha Hwang, cofondateur et directeur de la recherche. En anglais, l’indice se cite sous la forme Canadian Grocery Price Index (CGPI).
Les chiffres peuvent être repris à condition de mentionner GroceryPulse. Demandes des médias : press@grocerypulse.ca. Cette note existe aussi en anglais, avec les mêmes chiffres.
